Acte 1

scne 1: La Grande Ville (partie 1)

J'entre dans la grande ville...
J'entre dans la grande ville...
De ces millions de ttes, image de la plante
Une ville internette, une terre contrefaite
Faite de bton, et de tours d'ivoire
J'aimerai vous y voir...

Dans la tour artifice
Majestueux difice
Un rseau de police y a trouv son hospice
Dans ces rues trop vitres
Ces rues climatises
Un ciel fossilis dans le bton trop bien briqu
Il faut tre friqu
Regardez ces grandes tours au milieu de la cit
Tyler, viens  moi
Tyler et tous les autres
Jack au cur pur de par son impuret
Je suis le cur bris de Jack
Perdu dans la cit
Et je marche dans la grande ville...
Je marche dans la grande ville...

O tes-vous, Cantat, Saez?
Ivres de libert, vous avez fuit la cit
Ici, seul Big Brother rgne
C'est l'poque des lumires ...
... des projecteurs
Il est donc l'heure
D'ouvrir les vitrines des grands magasins
Des centaines d'hectares
Capitalisme avare
Et s'en laver les mains.

Il y a encore dans la cit
Des arbres, par l'homme, plants
Des golems d'acier abritant bureaucrates
Et le verre de leurs vitres refltant notre caste
Vgtation de fer, tout de verre et d'acier
Telle est notre Gaa, viens donc, ma bien-aime,
Allumer notre feu...

scne 2: Mtro Boulot Dodo

La ville s'claire
Ces lumires qu'on nous braque
C'est l'affront du fric dans ce bric  brac
Et des briques que l'on troque de sac en sac
Quand la journe vtue
De l'uniforme de nos vcus
Nous rappelle de son clat de plexiglas
Qu'il est temps pour nous de rejoindre notre caste
Saluer au passage tous ces hommes en  noir
Sourire aux regards rotatifs dans les couloirs
Car c'est l'heure o s'veille
L'heure o commence le rgne de

    Mtropolis (x2)
    Dans la ville artifice
    O se cultive le vice
    Mtropolis (x2)
    Une ville chimre
    De bton et de fer
    Une ville autarcique
    Dirige par le fric

La ville rayonne
Et la cloche sonne
Des milliers d'entreprises dont la prise se dbranche
On s'arrache  la broche, puis on prche  l'arrache
Pour un repas format
As tu pris ton ticket?
Mpriser du regard les hommes en blanc
Qui ne sont pas assez intelligents
Plus de temps, l'heure nous presse
Car les usines, jamais ne cessent dans

    Mtropolis (x2)
    Dans la ville artifice
    O se cultive le vice
    Mtropolis (x2)
    Une ville chimre
    De bton et de fer
    Une ville autarcique
    Dirige par le fric

La ville s'endort
Mais les lumires encore
Gnrent ses flches de flash qu'on vnre
Comme des mouches scotches sur des lampadaires
Touchons notre paye
Puis gagnons le sommeil
viter de rver, viter que nos murs
Devinent nos penses par nos moindres murmures
Car s'est l'heure o l'on dort
O dcide de nos sors

    Mtropolis (x2)
    Dans la ville artifice
    O se cultive le vice
    Mtropolis (x2)
    Une ville chimre
    De bton et de fer
    Une ville autarcique
    Dirige par le fric

Retour  la lumire
C'est l'heure de refaire
Ce dont on doit tre fier
C'est l'heure de reprendre
C'est l'heure
C'est l'heure

scne 3: C'est l'heure

C'est l'heure o le soleil ouvre ses bras vers les collines
C'est l'heure o les enfants se lvent pour regarder leur film
Il est temps de recommencer les gestes quotidiens
Tout comme on l'a fait hier, tout comme on le fera demain
C'est l'heure o les ides surgissent du fond de la mmoire
Des gnies civils, des gnraux, des hommes en noir
Le jour ouvre les portes  une journe sans importance
On se crve  la tche, mais avec plus o moins d'aisance
On est en transe

C'est l'heure o, pour une fois, chaque homme sur terre est gal
Chaque homme, chaque animal, ouvre ses yeux, et c'est banal
Et c'est normal

Il est temps de recommencer ce que l'on a conu
D'entamer sa journe par ce que l'on a reu
Du pain, des jeux, de l'or de l'esprance
De l'ignorance
De l'importance du quotidien
On s'en lasse, mais on l'aime
On ne veut changer, on ne peut plus rien
On rcolte ce que l'on sme
C'est l'heure de reprendre le fardeau
De jener, djeuner, dguster, d'oublier notre chafaud

C'est l'heure, c'est l'heure
C'est notre honneur qui est en jeu
Oublie le "je"
Passons au "nous" et  la socit

Rejoignons notre communaut
Faire la mme tche que l'an pass
Faire la mme tche que dans 3 ans

C'est l'heure, c'est l'heure
C'est notre honneur qui est en jeu
Oublie le "je"
Passons au "nous" et  la socit

C'est l'heure, c'est l'heure de reprendre notre tche
Si notre vie nous lche, si notre tche nous oublie
Et nous abandonne  la mort
on tremble, mais on l'attends
C'est l'heure, on sait, mais il est temps
Et quelqu'un d'autre arrivera
Et notre tche il reprendra
C'est l'heure pour la dernire fois
C'est l'heure du noir et du trpas

Il n'y a plus d'heure et c'est fini
Plus de bonheur et plus de vie

scne 4: les temps modernes

Retour aux machines aux mchoires d'acier
Broyant nos mes pour en faire du papier
CV, civilit et scuritarisme
Fichant nos vies, fouillant la moindre piste
J'attends la libration
De cette machination
Et le peuple sans cesse
Fais de nouvelles prouesses

Peuple de fourmis sous le regard de Dieu
Engrenags, nous faisons de notre mieux
Btir les murs qui nous gardent prisonniers
Et faire la queue avant d'tre pays
Quand les hommes en noirs
Ont dcrt le soir
Le peuple, la conscience sainte
Leur dposent leurs empreintes

Faire et refaire  jamais les mmes gestes
Trimer  jamais sous le regard abject
De l'tre au visage trop publicit
Accroch au mur, espionnant la cit
Les annes passent vite
Quand on travaille sans suite
Et le peuple rpte
Finis les jours de fte

Prohib sous disant pour notre bien
L'individu est un souvenir lointain

Scne 5: Mcanique

Nos mes  jamais sont lies
Dans cette mcanique
Un esprit commun, socit
Machine  fric
Dans ce monde o tout s'enchane
Comme l'ont prvu
Ces silhouettes que l'on voit  peine
Peine perdue
Et ces vies qui suivent le train
Rciproquement
Clones sur un modle
infiniment
Ces regards ports sur nos vies
Trop surveilles
Nous sommes un drapeau, un pays
Une unit
Et cet ordre qui  jamais rgne
Avec rigueur
Ces lumires jamais ne s'teignent
Sans doute par peur
Que l'un de nous s'individualise
Initiative
Finies les priodes de crise
Et les ogives
Car nous sommes tous une entit
Un simple clou
Dans une mcanique ajuste
Au moindre crou...
...prs

Et nos mes  jamais lies
Et nos mes  jamais lies
Prcision, volution, implication, imbrication
ternelle!
ternelle!
ternelle!
Civilisation
Et nos mes  jamais lies
Et nos mes  jamais soudes
A jamais fusionnes
Dans cette mcanique

scne 6: La panne

Les lumires s'teignent
Quelqu'un a pirat
Le couvre-feu se lve
Fini l'autorit
Une demi-heure de trve
Instant de libert
Alors que tout s'achve
Les fautifs vont payer

L'autorit s'affole
L'obscurit menace
Et les rues sont trop folles
Scurit en place
A jamais certains dorment
Pour le trouble caus
Et les intox informent
Que tout est rpar

Quand la tl matraque
L'coute devient coutume
Ceux qui n'ont pas de casque
Finissent sur le bitume
Cet incident, civils,
Est d  une fuite
Derrire ces mots dociles
Est mort un anarchiste

Messieurs, mesdames, tout va bien. Reprenez le travail, sparez vous.
Restez pudique, Mtropolis veille sur votre sant, camarades, et nous vous promettons que ce type de trouble reproduira plus, tant que Mtropolis rgne.
Reprenez votre rythme
Retournez  l'usine
Mtropolis demeure
Alors n'ayez plus peur

scne 7: Les traces sur le mur

Je m'tais gar
Ou tait-ce mon instinct
Qui a guid mes pas vers cette porte dore
Quand tout tait teint
La porte s'tait force
Je suis all plus loin
Dans ma tte s'est grave toute cette atrocit
Dont j'tais le tmoin
Trainait  la surface
Devant l'interrupteur
Une tche de propre qui n'avait pas sa place
Dans ce lieu sans lueur
Puis derrire un tiroir
Graves dans ma mmoire
Ces traces sur le mur
D'un ton rouge fonc
Qu'ils avaient oubli
D'effacer

scne 8: La rumeur

C'est lorsque les aigles murmurent
Qu'on entend voler les corbeaux

Et le vol des corbeaux a rveill les taupes

scne 9: le chant des camras

L'ordre vient de circuler
Retrouver l'incivil
Fouillez sur vos claviers
Les archives de la ville

Et les camras brisent leur silence
Les images dfilent au fil de la danse
La ville est dense et on danse en cadence sur le film numrique
Et dfile la subtile musique de la mcanique
Nos regards  jamais sont fixs dans des flux binaires
Archivs, compresss depuis le dbut du millnaire
On remonte le temps
1 jour, 2 jours
Les minutes dfilent  l'envers, et alors
L'endroit de la scne nous renvoie l'envers du dcors
Des machines qui manipulent le temps, et  chaque seconde
On dcouvre un terra de donnes tries de ce monde
A l'instant du crime, se rsout le ddale
Une ombre se faufile dans la centrale
Alors on passe, on repasse la salle du trpas au scanner
La porte s'ouvre et on voit entrer le missionnaire
Les mains en l'air!

Rien ne leur chappe, on vit sur une trappe
Depuis que le peuple a vot
Dans un pass proche, malgr nos gavroches
Pour la scurit
La machine en place, liberts s'effacent
Au nom de l'anti-terrorisme
Et des numros scotchs dans le dos
Pour vacuer le racisme
Et instaurer le fascisme
Par le biais de cette masse de corps
Qui ne pensent que par leur confort

Et dans la soire ils sont arrivs chez moi
Au rythme endiabl du chant des camras
Au nom de la libert ils m'ont sorti de chez moi
Et m'ont emmens dans leur milicria
C'est le chant des camras

scne 10: le silence

Il ne s'est rien pass dans la grande ville

FIN DE L'ACTE 1

Acte 2

scne 1:Cellules en dedans, cellules en dehors

La ville s'efface
Un seul regard braqu sur mon me
Un regard de glace
J'ai trouv ma place
Dans ce trou loin de tout, de ces gens  genoux
J'attends qu'on me blme

Qu'ai-je commis qui mrite que je sois jug
Derrire un voile, dans le brouillard, pour protger
Les dignes fils
De Mtropolis

Une cellule en or, avec pour seul dcors
Tl, canap, sanitaire et vestiaire
Une grande fentre menant sur le dehors
Une terre contrefaite sous un ciel dsert
Je me sens touff par tant d'espace
Devant la tl, je vois le temps qui passe
Et qui ne s'en soucie pas

Je zappe les chanes qui paraissent les mmes
Les mmes sourires et les mmes penses
Les mmes mensonges pour les mmes arrirs
Les mmes bilans pour les mmes problmes
Protger le peuple de l'inscurit
Rapports minoritaires constamment ignors
Avec clrit

Et je vois au dehors le temps qui passe
Et ce monde qui constamment se dplace
Qui ne me concerne pas

Et je sors  ma guise pour rencontrer ces gens
Enemis civils, allis pour tuer le temps
Le sort qui nous attend n'est plus le sujet
On prend du bon temps tant qu'on nous le permet
On joue au billard et on boit un coctail
On fume un cigare, on se dit que la vie est belle
On oublie qu'on est en prison

Les questions me viennent, qu'en disent mes amis?
Est ce qu'ils m'ont oublis, qu'est ce qu'on leur a dit?
Puis la porte s'ouvre et je vois arriver
Derrire deux gardes du corps un gars trop habill
Il m'a montr sa carte de visite
Et il m'a dit "Ce soir je t'invite
A ton procs"

scne 2: Machination

En l'espace de deux pas je vis au crpuscule
Se passe-t'il quelque chose, je n'y comprends plus rien
Puis la porte a claqu de peur que je recule
J'entends un tour de cl, et c'est l'aube qui reviens
Devant moi une table, devant moi un billet
Et derrire, loin derrire, mes souvenirs teints
Et dans l'ombre, cale, au beau milieu de rien
Un ordinateur gris, parais-t'il  l'essai
Sur lequel est crit "distributeur de procs"

Machinalement je plonge mon billet dans son urne
Puis  nouveau plong dans les abymes nocturnes
Quand la lumire s'allume un autre billet sort
L'audience est leve, je suis livr  mon sort

Et je sors de la salle, attendant la justice
La plus digne de confiance, celle de Mtropolis

scne 3: Claustrophobia

Je suis une ombre
Je suis une ombre dans le gris
On n'aime pas ceux qui sortent du nombre
Ils sont aigris
Je suis une pice
Je suis au bord de l'chiquier
Je suis le fou, je suis pig
Dans cette pice
Je suis la chair
L'tre, le maitre de l'univers
Quel univers?
Un simple atome plantaire
O est ma terre?
Sans doute dans un autre dcors
Dans un Ether
Inaccessible en dehors
O est mon corps?
Etouff dans cette pice obscure
O sont les murs?
A quelques mtres de mon corps
Je veux sortir
Mon me est lasse de ma chair
Redfinir
Mon univers

Les minutes dfilent et s'tendent en cadence
Dans le chaos de cette odieuse audience
Images d'un monde en constante dcadence
Et cette souffrance
Quitter ces lieux, partir dans la nature
Ou jeter mon corps et servir de pture
Mais m'chapper de cette ombre, de ces murs

Un corps tombe, des images qui s'effondrent
Et ce vide qui ne cesse de s'accrotre
Et la proximit de cette unicit
Mes penses ne cessent de se dbattre
Enfin cette sentence, je n'ai l'ombre d'une chance
De sortir de cette dchance
Ils ont bris mes rves, ils ont bris mon tre
Confondu l'tre et le paraitre
Je veux m'chapper
Je veux tout arrter
Tout oublier
M'oublier

scne 4: Psychedelic

Alerte, dans ma tte
Y'a les ondes qui se rptent
Tic, tic, c'est le choc
Mes penses se disloquent
{tic, toc, tic, toc...]

Ca explose, toutes les ides s'imposent
Mais la boite reste close
J'ai peur que quelque chose
M'attaque  la hache
Et sans que je le sache
Tous mes sens m'arrachent
Et les dcibels crachent
Arretez-moi a
[tic, toc, tic, toc...]
C'est l'extase, adrnaline en phase
Avec Mon Coeur, tout a m'crase
Et tout mon monde se rase
Approche l'invitable cloche
J'entends sonner les croches
Tout cloche, je pioche dans ma poche
Spirituelle, mais il n'y a plus d'chelle
Et ce monde se rvelle
tre irrel
Je n'suis plus rien
Il n'y a plus d'poque
Je suis si bien
J'ai la tte comme un rock
[tic, toc, tic, toc...]

Suis-je en train de perdre la raison?
Mon me a-t'elle bris sa prison?
C'est la panique crbrale

Ma tte clate, une brume carlatte
Et je sens qu'on me mate
A grand coup de latte
Et soudain la lumire
Le monde tourne  l'envers
Je combats les chimres
Je perds mes repres
J'ai dit STOP!
[tic, toc, toc, toc...]
Attention, 27me dimension
Je donne ma dmission
A la raison
A la bordure d'un rve
Qui jamais ne s'achve
Je viens signer ma trve
Je me relve
Mais le monde s'effondre
Perdus dans les dcombres
De mon tre, ma plante
Je m'entte  remettre
Les choses o elles devraient tre
L'endroit dans l'envers
Tout se dbloque
[tic, toc, tic, toc...]

Suis-je en train de perdre la raison?
Mon me a-t'elle bris sa prison?
C'est la panique crbrale

j'ai le crne qui clate!
J'ai le crne qui clate!
Qui clate!
Eclate!
[boum, boum, boum, boum.....Crash]

Scne 5: Bienvenue dans le rve

- O suis-je?
- Dans un univers parallle
- O suis-je?
- Dans la vranda de l'ternel?
- O suis-je?
- Dans un monde illimit?
- O suis-je?
- Dans un monde que tu as trac

Bienvenue dans ta propre sve
Bienvenue dans le rve
Bienvenue dans ce monde dans lequel, enfin, tu te lves
Bienvenue dans le rve

- Qui suis-je?
- Une me scelle dans une prison de chair
- Qui suis-je
- Un tre fait de bton et de fer
- Qui suis-je?
- Un Dieu Vivant dans un corps d'argile
- Qui suis-je?
- Un tre humain dans un corps fragile

Bienvenue dans ta propre sve
Bienvenue dans le rve
Bienvenue dans ce monde dans lequel, enfin, tu te lves
Bienvenue dans le rve

Bienvenue dans cette utopie
Bienvenue dans cette nouvelle vie
Laisse toi guider par tes envies
Bienvenue dans cette entropie

- Quel est donc cet univers?
O sont donc passes mes chaines?
Que reste-t'il de ma chair?
J'ai perdu mon ADN
- Tu vis dans un monde d'artifices
Qui a perdu toutes ses couleurs
O nul ne connait le dlice
De survivre avec la peur
- En quoi la peur est bnfique?
- La peur te sauve du fanatisme
Elle t'enseigne le ralisme
La raison et l'thique
- Je suis dans un monde virtuel
- Pas plus que celui d'o tu viens
Jette donc un oeil sur le rel
Il n'est que pte pour les chiens
Les gens vivent par leur confort
Inutiile pour leur survie
Des pilules, des sous, du sport
Ils n'ont plus aucune envie
Ici tu es en libert
On ne peut plus rien te dicter

Bienvenue dans ta propre sve
Bienvenue dans le rve
Bienvenue dans ce monde dans lequel, enfin, tu te lves
Bienvenue dans le rve

J'ai voyag au pays de la folie
Il est temps de reprendre le train
Peu importe la duret de la vie
Le virtuel ne m'apportera rien
- Tu reviendras, c'est certain 

Scne 7: Contamination mentale

La loi est devenue orale
Depuis l'aire de Mtropolis
Car il est dit que sa justice
Est sans faille et indiscutable
Demain soir je serai jug
Pour un crime dont j'ignore le sens
Je n'aurai pas la moindre chance
Demain je serai condamn
Il y aura lui et moi  nord
Comme pour l'embauche dans le pass
Il n'y aura pas d'autre report
les bureaucrates sont presss
Ils ont mon dossier dans les mains
Et ma photo dans le journal
Je serai condamn demain
Pour contamination mentale

scne 8: la dfense

A vous, le juge de l'audience
A vous, les cadres de la ville
Je voudrais en tant que civil
Formuler mon humble dfense
Puisqu'il faut que je sois jug
Et qu'il semble que je sois fini
Comme dernire volont
Je voudrais vous dire qui je suis

Vous qui avez pour seule thique
Le combat et le bnfice
Vous qui approuvez les pratiques
Coutumes de Mtropolis
Vous qui avez emprisons
Le peuple avec son propre esprit
Qui les avez empoisonns
Au simple nom de la patrie
Vous qui n'avez d'humanit
Que la chair, le sang et les os
Je dfendrai mes idaux
Mme si j'ai quitt l'chiquier
Je suis seulement un tre humain
Rescap de la lobotomie
Et mme si je suis soumis
Je ne vous approuverai en rien

Je n'me suis pas pris dans les rails
De vos quelconques satellites
Ma tte est un champ de bataille
O vos ides ont pris la fuite
Elle est aussi bien plus fconde
Que n'importe laquelle de vos chanes
La tl a fait de ce monde
Un labyrinthe sem d'antennes
Mais moi je ne peux rien y faire
Je ne peux mme plus esprer
Une rvolution proltaire
Tant que le peuple a sa pte
Je ne suis qu'une mauvaise herbe
Sauf que je ne suis pas fcond
Et en m'arrachant  ma terre
vous m'avez mat pour de bon

scne 9: La Sentence

L'audience est leve
La sentence est tombe
L'unique jury m'a licenci
De la communaut
Je suis toujours vivant
Et je le serai longtemps
J'habite maintenant
Un autre continent

La vrit, camarades, c'est que tout animal, s'il ne se sent pas en danger, se contente d'ignorer ce qui se passe autour de lui.
Cette socit sans aucune libert, plait  la majorit.
Ca les arrange qu'on pense  leur place, a leur facilite la vie. Si un mouton noir quitte le troupeau, de part sa volont, on le laisse partir, personne ne le suivra.
C'est ainsi que Mtropolis prends racine dans le sol de l'humanit.

scne 10:La Grande Ville (partie 2)

Je quitte la grande ville
Je quitte la grande ville
Nos chemins se sparent
Cit de dsespoir
Et je laisse le soin
A tous ces hommes en noirs
de rayer mon chemin
D'effacer mon destin

Je jette un dernier oeil
Sur une cit en deuil
Mon unique patrimoine
Cette terre d'avoine
Pour tous les talons
Napolon avait raison
Et je quitte la grande ville
Je quitte la grande ville

Personne ne m'attends
Personne ne me regrette
J'ai fini le mauvais temps
Et j'ai quitt la fte
Ma bien aime s'en est alle
Bien avant que je n'la regrette
Ma bien aime la libert
Ma bien aime dans le pass
Et je vois le feu qui s'teint
Ma rage n'a plus de raison d'tre
Et a pris fin